Aperçu historique
FORUM SOCIAL MAGHREBIN
I. Genèse du FSMaghreb :
• De Rabat à Barcelone
• De Barcelone à Tunis
• De Bamako à Bouznika
• Chronologie du Forum Social Maghrébin : Les grands jalons…
II. Les acteurs du FSMaghreb : unis autour d’un autre Maghreb
• Les acteurs
• La pertinence : Vers un Maghreb des Peuples
• Vers un Maghreb de paix, de démocratie et de prospérité partagée
III. L’organisation : réussir la diversité et éviter l’horizontalité
IV. Les leçons de l’expérience du FSMaroc
• FS Maroc 2 : quelle valeur ajoutée ?
• L’ancrage dans la proximité et les dynamiques régionales
• La diversité des participants
• Les contenus
• Le Forum des jeunes
• Les associations de marocains de l’étranger :
• L’ouverture sur l’international
• L’articulation Sud/Sud
V. Le Forum Social en Marche : travaux préparatoires
VI. Attentes et Objectifs
VII. Résultats attendus
VIII. Les participants au FSMaghreb
• Les mouvements sociaux maghrébins
• Un Maghreb à dimension internationale
• Relation avec les pouvoirs
IX. Etat des lieux des dynamiques locales
1. Tunisie
2. Maroc
3. Algérie
4. Dynamiques sahraouies
5. Mauritanie
6. Le mouvement au sein de l’immigration
X. FSMagh et approche genre
XI. Agenda et programme du FSMagh
1. Le lieu de la tenue du premier Forum Social Maghrébin
2. La date
3. Les effectifs :
4. L’organisation
5. Méthodologie
6. Thématique
7. Financement
XII.La communication
XIII. Au delà du FSMaghreb
XIV. FSMaghreb et évconomie solidaire
XV. les risques
FORUM SOCIAL MAGHREBIN
I. Genèse du FSMaghreb :
• De Rabat à Barcelone
Le premier appel pour un forum social maghrébin a été lancé par des représentants de la société civile tunisienne et marocaine au moment de la deuxième édition du forum social Maroc en juillet 2004 (atelier sur les « mouvements sociaux maghrébins »).
En janvier 2005, en marge du FSM 5 à Porto Alegre, à l’initiative des participants marocains et tunisiens, des rencontres spontanées ont été organisées entre plusieurs participants maghrébins pour échanger sur le processus de construction du FSMagh. Ce processus était alors envisagé en premier lieu par les participants comme un appui à la candidature et la co-organisation du FSM 6 au Maroc.
Depuis Porto Alegre, les contacts entre des acteurs de la société civile des trois pays du Maghreb et de l’émigration maghrébine en France se sont accentués, aboutissant à l’organisation en avril 2005 de deux réunions à Istanbul en marge de l’assemblée du forum social Méditerranéen. Les réunions d’Istanbul ont permis aux participants de s’approprier les grandes orientations de l’appel de Rabat (Maroc) pour l’organisation d’un FS Maghreb devant permettre la convergence des luttes des mouvements sociaux, associations, syndicats et mouvements pacifistes de la région Maghreb et des organisations de l’émigration issue de cette région.
L’initiative d’organisation du FSMondial 6 au Maroc ayant été avortée (pour des raisons politiques essentiellement, notamment blocage des autorités marocaines, ayant prétexté une insuffisance des délais pour l’organisation de l’événement), le principe de l’organisation d’une session préparatoire a été entérinée. Il a semblé en effet trop tôt à l’ensemble des acteurs impliqués d’organiser le FSMagh proprement dit, notamment en raison des blocages organisationnels et politiques. Cette réunion aura lieu entre les 28 et 29 janvier 2006 à Bouznika (Maroc).
En juin 2005, une nouvelle rencontre intitulée « Le Forum Social Maghrébin en construction » a été organisée en marge du Forum Social Méditerranéen de Barcelone. Le principe de l’appui du processus FSMagh sur les dynamiques FS engagées dans chaque pays et de l’inscription de l’Assemblée préparatoire dans l’agenda du FSM ont été affirmés. Trois recommandations ont été exprimées pour la préparation de l’assemblée :
- favoriser la féminisation,
- permettre la participation de la jeunesse,
- élargir la base sociale des forums.
• De Barcelone à Tunis
Un comité d’initiative et de promotion (CIP), composé de 2 représentants par pays, d’un représentant de l’USTMA (Union Syndicale des Travailleurs du Maghreb) et de 3 représentants de l’émigration maghrébine a été validé. Ce comité a notamment pour mandat la promotion du FS Magh et l’identification de problématiques communes aux forums nationaux et de stratégies d’action concertées. Il est chargé de la préparation de l’assemblée préparatoire. En outre, un secrétariat a été mis en place à Rabat, étant donné l’expérience marocaine et les conditions politiques et logistiques du pays.
• De Bamako à Bouznika
Afin de préparer au mieux la mobilisation des mouvements et réseaux sociaux et de s’adapter aux contraintes imposées par les gouvernants de la région, les initiateurs du processus ont alors fait le choix de procéder par étape, en organisant, avant le Forum Social Maghrébin en tant que tel, une session préparatoire, qui a eu lieu fin
janvier 2006 à Bouznika au Maroc.
Partant des acquis des deux éditions du Forum Social Maroc, de la constitution de Forums sociaux Algériens et d’un Forum Social Tunisien, l’objectif du Forum Social Maghrébin est de faire vivre, à côté des forums sociaux locaux, un espace libre de confrontation des idées et de débat démocratique devant permettre l’élaboration de
propositions concrètes articulées à des actions efficaces pour l’avènement d’un «Maghreb des peuples ».
Fondé sur les principes de la Charte de Porto Alegre, le processus FSMagh, est solidement ancré dans les dynamiques des Forums sociaux mondiaux et régionaux (Méditerranéen et Africain), et lutte pour que les droits fondamentaux des populations, dans leur diversité, l'emportent sur les logiques d'exclusion et les choix sécuritaires des
gouvernants de cette région du monde.
Organisée à Bouznika du 27 au 29 janvier 2006, l’Assemblée préparatoire du Forum Social Maghrébin a constitué un acte majeur dans le processus de constitution de cette dynamique. Fait inédit dans l’histoire des mouvements sociaux et de la société civile de la région, plus de 600 altermondialistes venus de Tunisie, d’Algérie,
de Mauritanie, du Maroc, des associations de la société civile sahraouie et des associations maghrébines d’Europe ainsi que leurs invités internationaux ont eu la possibilité d’échanger dans un cadre non formel et ouvert pour réfléchir ensemble à des initiatives concrètes pour transformer profondément les sociétés du Maghreb et
gagner la paix et la démocratie.
A l’issue de trois jours de travail et d’échanges, la naissance du Forum Social Maghrébin a été annoncée, un consensus large s’étant dégagé pour que le FSMagh se tienne après le Forum Social Mondial de janvier 2007 à Nairobi, soit a priori en mai 2007.
Pour clore l’évènement, des représentants de toutes les dynamiques présentes à Bouznika ont embarqué à Rabat sur le fleuve Bou Regreg dans quelques « pateras » de circonstance, en hommage aux milliers de jeunes maghrébins et subsahariens morts dans le détroit, fauchés par le désespoir pour avoir cru en un avenir meilleur sur l’autre rive. En mémoire à ces victimes du libéralisme sauvage, l’échappée belle de ces «pateras de la dignité » a ouvert la voie vers la construction d’un autre Maghreb : celui des Peuples.
Chronologie du Forum Social Maghrébin : Les grands jalons…
- Juillet 2004 Forum Social Maroc – Rabat : Atelier sur « les mouvements sociaux maghrébins »
- Juillet 2004 Appel de Rabat pour la constitution d’un Forum Social Maghrébin
- Janvier 2005 Forum Social Mondial - Porto Alegre : Première rencontre maghrébine
- Avril 2005 Assemblée préparatoire du Forum Social Méditerranéen –Istanbul : Organisation de deux rencontres consacrées au processus FSMagh
- Juin 2005 Forum Social Méditerranéen – Barcelone : Rencontre « Le Forum Social Maghrébin en construction » : Barcelone a été l’occasion de lancer un appel à l’organisation de l’Assemblée préparatoire au FSMagh
- Juillet 2005 Réunion du Comité de suivi provisoire – Tunis
- Septembre 2005 Réunion du Comité de suivi provisoire – Rabat
- Octobre 2005 Réunion du Comité de suivi provisoire – Alger
- Novembre 2005 Réunion du Comité de suivi provisoire – Tunis
- Décembre 2005 Réunion du Comité de suivi provisoire – Rabat
- Janvier 2006 Forum Social Mondial polycentrique – Bamako : « caravane maghrébine : de Bamako à Bouznika »
- Janvier 2006 Assemblée préparatoire au Forum Social Maghrébin – Bouznika
II. Les acteurs du FSMaghreb : unis autour d’un autre Maghreb
Les acteurs :
Syndicats, associations de défense des droits humains, associations de femmes, paysans, journalistes, associations de développement, associations de migrants, association de défense de l’environnement, associations de défense des consommateurs, diplômés chômeurs, jeunes, artistes…, le Forum Social s’est imposé, sans prétendre à la représentativité, comme le lieu de rencontre et de convergences des luttes des mouvements sociaux de résistance.
L'organisation de deux Forums sociaux au Maroc, les multiples appels et initiatives pour la constitution d’un Forum Social Tunisien ainsi que le lancement du Forum Social Algérien sont autant de tentatives pour l’ancrage de la dynamique sociale au niveau local et régional.
Conformément à la charte du FSM, l'articulation du local au régional et à l'international hors de tout repli chauvin ou nationaliste reste un défi pour les acteurs sociaux de la région. Il s'agit de contribuer à « renforcer la résistance face à un processus de mondialisation capitaliste, commandé par les grandes entreprises multinationales et les gouvernements et institutions internationales au service de leurs intérêts». Ce processus accélère la concentration des richesses, génère guerres, exclusions économiques, sociales, culturelles et destruction de l'environnement, restreint les droits et libertés individuelles et est un terreau sur lequel les mouvements identitaires et rétrogrades s'épanouissent.
Les forums régionaux, à Florence, Hyderabad, Addis-Abéba, Ramallah, en Amazonie, etc..., sont autant d'étapes qui renforcent la dynamique internationale de résistance citoyenne et donnent un souffle d’espoir pour les mouvements sociaux du Maghreb.
La pertinence : Vers un Maghreb des Peuples
Pour les initiateurs du projet, la dimension maghrébine n’est pas un concept creux, ni une vue de l’esprit, elle correspond non seulement à une histoire séculaire brisée par les guerres coloniales, mais elle est une nécessité conjoncturelle face à l’offensive européenne et les tentatives américaines de passer des accords bilatéraux avec les pays de la région. L’échec des Etats de la région à réaliser l’unité du Maghreb, les conflits régionaux nous mettent dans l’obligation de recherche d’alternatives pour créer un espace maghrébin de paix, de prospérité et de démocratie.
C'est pourquoi ils ont appelé à l'organisation d'un Forum Social Maghrébin à même de contribuer, par la confrontation et le débat démocratique, à construire des alternatives face à la logique d'exclusion et aux choix sécuritaires des gouvernants et de formuler des propositions concrètes articulées à des actions efficaces pour que les droits fondamentaux des populations, dans leur diversité, l'emportent sur les intérêts sécuritaires, financiers et commerciaux.
Vers un Maghreb de paix, de démocratie et de prospérité partagée
Ils veulent affirmer, à travers l'organisation de ce Forum, non seulement la nécessité d'une région démocratique des citoyens et des peuples, mais esquisser les voies et les moyens de sa réalisation. Ils veulent aussi créer avec les mouvements sociaux de résistances au Nord, des rapports égalitaires. Ces réflexions et les propositions qui en découlent devraient avoir une résonance particulière dans ces conditions d'exacerbation du conflit en Palestine, de l'occupation de l'Irak, de la montée des violences des Etats et violences des intégristes et de la création de zones de libre échange avec les Etats Unis et de l’accord avec l’Union européenne avec une toile de fond sombre de répressions des mouvements sociaux, de restriction des libertés fondamentales…
Ce forum social Maghrébin doit permettre la convergence des mouvements sociaux, associations, syndicats, mouvements pacifistes. Il abordera des thèmes liés aux grands enjeux de la région : la relation à l'Europe, leurs rapports aux institutions internationales, leurs rapports aux Etats-Unis, les liens entre les pays du Sud, les politiques de solidarité internationale à mettre en œuvre, la paix et la sécurité collective dans le monde et les questions d'armement, l'exercice de la démocratie et de la citoyenneté, la distribution de la richesse produite, le contenu des politiques des Etats de la région ...
C’est pourquoi les initiateurs appellent tous les acteurs de la société civile de la région à adhérer au projet pour faire de ce Forum social un succès et un tremplin aux mobilisations à venir, pour agir ensemble, pour qu'un autre Maghreb, un autre monde soit possible !
III. L’organisation : réussir la diversité et éviter l’horizontalité
Le comité de Suivi a évolué dans sa composition avec le développement du projet. Initialement le comité d’organisation était composé de marocains (Forum des Alternatives Maroc, l’AMDH, la CDT, Chouala, l’Association des Diplômés chômeurs, les victimes Annajat, Action Jeunesse…) et de tunisiens (LTDH, l’ATFD, UGTT, USTMA et des délégués de l’immigration en Europe( essentiellement le comité parisien et le Comité bruxellois). Il a été élargi aux composantes des dynamiques algériennes (Forum Social Algerie et Forum Social Algerie Libre) ainsi qu’à la dynamique mauritanienne (essentiellement le Cyberforum et le syndicat CGTM), sahraouie à raison de deux délégués par dynamique locale. Un système de rotation des personnes s’est mis en place de manière spontanée et naturelle pour faire participer au suivi les différentes organisations. Ce comité de Suivi a été validé lors de l’Assemblé Préparatoire de Bouznika par environ 650 participants
Lors de la réunion de Tunis du 16 et 17 Juin 2007, il a été décidé d’élargir le comité de suivi de manière à assurer la présence de l’ensemble des dynamiques locales et qu’il respecte la règle de base de manière à ce que chaque groupe soit composé d’au moins une femme, d’un(e) jeune.
Concernant l’immigration, les représentants de celle-ci (France et Belgique) se sont mis d’accords pour organiser ultérieurement une rencontre élargie en Europe afin de définir les modalités pratiques de la représentation de l’immigration. Malgré tout nous avons continuer à travailler avec la présence des deux dynamiques, tantôt par rotation tantôt simultanément, en fonction des budgets dont nous disposons et qui sont très aléatoires.
Cette coordination devra œuvrer pour
• Faire circuler l’information à temps,
• Proposer des pistes de travail communes ou du moins concertées afin que les efforts ne soient pas dispersés,
• travailler à l’élaboration d’un agenda pour la participation au FSMagh,
• élaborer une stratégie de soutien à l’organisation du FSMagh,
• capitaliser ce qui a été fait à ce jour et le dispenser le plus largement possible afin de mobiliser d’autres acteurs,
centraliser le travail de préparation des dossiers, sur le fond…
Le rôle du comité de suivi
Il a été répété à maintes reprises que les réunions du comité de suivi ne sont pas les lieux de prise de position pour ou contre une question quelconque. Les rencontres du comité de pilotage permettent à toutes les composantes de se retrouver pour préparer les conditions adéquates à la tenue du FSMagh. C’est seulement au sein de ce dernier que les discussions, les confrontations, les choix pourront avoir lieu. Le comité de pilotage doit veiller à ce que toutes les questions, puissent être abordées et/ou exprimées lors du forum. Son rôle est aussi de prévoir ces garanties afin de permettre à toutes les composantes maghrébines, quelles que soient leurs opinions et à condition qu’elles respectent la charte de Porto Alegre, d’avoir leur place au sein du FSMagh.
IV. Les leçons de l’expérience du FSMaroc
L’expérience marocaine a été au centre de la dynamique maghrébine. Elle a permis non seulement de catalyser le processus en Tunisie, mais aussi de soulever des débats entre les composantes sociales en Algérie et a déclenché un processus en Mauritanie et une courageuse intégration de la dynamique sahraouie.
L'organisation du premier Forum Social du Maroc (FSM) à Bouznika les 20 et 22 décembre 2002 et la réunion d'élargissement du Comité organisateur a répondu à deux défis majeurs du mouvement social marocain : l'ancrage de la dynamique sociale au niveau local et l'ouverture sur d'autres composantes de ce mouvement. Reste le troisième défi à relever, conformément aux orientations du Forum Social Maroc et conformément à la charte du FSM : contribuer à renforcer la résistance face à un processus de mondialisation néo-libérale, commandé par les grandes entreprises multinationales et les gouvernements et institutions internationales au service de leurs intérêts. Processus qui accélère la concentration des richesses, génère guerres, exclusions économiques, sociales, culturelles et destruction de l'environnement, restreint les droits et libertés individuelles et est un terreau sur lequel les mouvements identitaires et rétrogrades s'épanouissent.
FS Maroc 2 : quelle valeur ajoutée ?
Ainsi donc, le deuxième Forum Social du Maroc a connu la participation de 1500 personnes durant les trois journées de travaux. Cette expérience reste une voie à suivre par ses leçons en matière :
1. L’ancrage dans la proximité et les dynamiques régionales : l’organisation au courant de l’année de 14 forums régionaux a été l’un des plus grands défis de réussite de l’organisation du FSM 2. En effet, que ce soit au niveau de la prise de connaissance des dynamiques locales, des thèmes de préoccupations dans les régions, de l’identification des petites associations et groupements de mobilisation locale que de l’implication des régions des points focaux dans la mobilisation dans les régions, il est clair que la démarche adoptée a permis effectivement d’inscrire cette deuxième édition dans le cœur des préoccupations des associations au niveau local.
2. La diversité des participants : développement local, mais aussi, paysans et paysannes, chômeurs, ruraux expropriés, droits humains, femmes, différentes régions du Maroc et des zones enclavées. Par ailleurs et dans la lignée de l’effort engagé sur l’importance de la participation des syndicats, le FSMaroc 2 a, malgré toutes les difficultés rencontrées, réussi à mobiliser les syndicats.
3. Les contenus : très riches et diversifiés de la ‘mondialisation libérale et développement humain’ aux ‘enjeux géopolitiques en Méditerranée’ et les questions de ‘démocratie et libertés publiques’ en passant par la problématique de l’‘Environnement et développement durable’, celle de l’‘amazighité’, la grande question des « Migrations » et enfin la jeunesse. Mais, la particularité du FSMaroc 2 au niveau de la programmation restera les 60 % de la programmation par les ONG .
4. Le Forum des jeunes : dans une démarche de gestion autonome a également marqué le FSMaroc 2. En effet, l’appel à participation du FSM a encouragé une prise en charge du forum de la jeunesse par les jeunes eux-mêmes.
5. Les associations de marocains de l’étranger : ces associations très actives dans des ONG de développement, de droits humains, santé, culture et engagées fortement dans des projets au Maroc ont également participé activement dans la programmation. C’est ainsi qu’elles ont coordonné de façon très soutenue avec le secrétariat du Forum les contenus de l’axe immigration tant au niveau de la conférence que des ateliers. Leur engagement a non seulement consisté à assurer la participation des intervenants mais également celle importante de militants associatifs marocains de l’étranger.
6. La question palestinienne : par le message de l’ouverture des travaux de la session pour passer le message fort du refus de la guerre, de la domination israélienne et du mur de la honte et une programmation de 2 conférences sur la guerre et la militarisation dans le sud de la Méditerranée et la question du Grand Moyen-Orient, le FSMaroc a exprimé sa solidarité à la cause palestinienne et essayé de mobiliser les militants à ce sujet.
7. L’ouverture sur l’international
Dans ce cadre, le deuxième FSM a fourni un effort important dans l’élargissement aux dynamiques régionales et internationales : Maghreb, Moyen-Orient, Méditerranée et internationales. C’est ainsi que l’on peut dire qu’à travers la participation étrangère, le FSM a fait un pas excellent en avant dans la réalisation de ce troisième défi que représente l’inscription dans la dimension internationale depuis l’ancrage local.
8. L’articulation Sud/Sud : La présence d’une cinquantaine de militants associatifs venus du pourtour méditerranéen ( Palestine, Liban, Syrie, Jordanie, Egypte, Tunisie, Algérie mais aussi, Soudan, Yémen, Bahreïn) a permis d’inscrire le Forum Social Maroc dans une dimension sud/sud,
V. Le Forum Social en Marche : travaux préparatoires
Depuis Bouznika, plusieurs rencontres de concertation ont eu lieu :
- à Tunis le 18 et 19 mars 2006 pour faire le bilan de Bouznika et tracer les éléments de la stratégie à venir
- A Bruxelles le 7 Mai et 3 juin 2006 , pour la mobilisation des associations de l’immigration autour du CNCD,
- A Tunis le 22 et 23 avril 2006 en marge de l’Assemblée Constituante du Forum Social Tunisien
- à Paris le 25 avril 2006, puis le 3 Mai et le 6 Juin 2006 pour préparer la participation de l'immigration maghrébine au Forum Social de l’Immigration à Madrid
- A Rabat le 13 et 14 Mai à l’occasion d’une rencontre de la Jeunesse marginalisée et des diplômés chomeurs
- A Bruxelles le 3 juin 2006 , pour la mobilisation des associations de l’immigration autour du CNCD,
- En Algérie à l’occasion du Camp de jeunes d’El Aouana organisé par le FSAlgérie
- a rabat en marge du forum Civil Euromed le 9 et 10 Novembre 2006
- Réunion du groupe parisien le 21 novembre 2006
- réunion le jeudi 23 novembre à Bruxelles au CNCD
- à Rome (en marge de la rencontre de Medlink) le 26 novembre 2006
- Réunion du 5 décembre à Paris
- Réunion du Comité de Suivi les 9 et 10 Février en Mauritanie
- Réunion du comité de Suivi à Tunis le 16 et 17 Juin 2007
Les réunions de concertations et les réunions du comité de pilotage visaient :
- L’élargissement et la mobilisation
- L’approfondissement des approches et des contenus
- L’élaboration de la méthodologie
- La formulation des objectifs au delà de la mise en place d’un espace
- La structuration minimale organisationnelle
- La recherche des financements (y compris le problématique financement des Etats)
- L’élaboration d’une stratégie de communication
- La sauvegarde de la mémoire
Plusieurs recommandations et décisions essentielles (entre autres) ont été retenues :
- Appuyer la tenue du 1er FSMagh en Mauritanie
- Dépasser le clivage "national" en s'ouvrant aux différentes dynamiques sociales dans la région du Maghreb
- elaborer un cahier de charges pour le prochain FSMagh
- Elaborer un projet de charte déontologique du FSMagh
- Mettre en place un Conseil du Forum Social Maghrébin
En vue d’organiser ce forum, la rencontre de Mauritanie en Février 2007 a préconisé :
• la mise en place d’une cheville ouvrière au niveau de la Mauritanie,
• engager une large concertation des différentes organisations mauritaniennes,
• la mise en place d’un Comité élargi de la société civile mauritanienne afin de consolider cette dynamique,
• constituer un secrétariat permanent, lequel aura pour tâche la mise en place du FSMagh dans tous ses aspects,
• organiser différentes commissions thématiques.
Il s’est également avéré nécessaire d’établir un cahier de charges et un argumentaire pour la tenue du FSMagh s’articulant autour :
• des conditions politiques du lieu de la tenue du FSMagh,
• des possibilités logistiques (lieu des rencontres, accueil des participants …),
• des possibilités financières (étant entendu que cet aspect est de la responsabilité non seulement du lieu d’accueil mais est le devoir de tous).
VI. Attentes et Objectifs
L’objectif stratégique est l’édification d’un Maghreb des peuples, un Maghreb démocratique où règne la paix, la stabilité, la démocratie et la prospérité partagée
Quant aux objectifs immédiats :
1. Contribuer à donner plus de visibilité à l’action sociale dans la région, à en mesurer l’ampleur mais aussi les faiblesses
2. Contribuer à élaborer des propositions et des alternatives aux politiques publiques dans l’intérêt des peuples de la région et à articuler des actions communes à même de contribuer à faire émerger une force régionale de propositions et de pression sur les gouvernants de la région
3. Contribuer à la mise en place de réseaux thématiques et à renforcer l’action des réseaux existants autour de programmes concrets visant la réalisation de l’objectif stratégique.
VII. Résultats attendus
1. La mobilisation de 800 cadres associatifs et syndicaux pour la réussite du projet à travers l’organisation de 4 rencontres régionales et une nationale sur les thématiques liées aux effets néfastes de la mondialisation néo-libérale
2. La mise en synergie de plus de 800 participants venant d’expériences diverses regroupant les diverses thématiques de lutte des mouvements sociaux et venant d’horizons divers couvrant le Maghreb, le Machrek, l’Europe voire les Amériques
3. Sortir des ateliers et autres rencontres sur les dix thématiques retenues avec des recommandations et des appels en direction des gouvernants à même de constituer la base d’une mobilisation pour un autre Maghreb, un Maghreb meilleur
4. Articuler les luttes locales et régionales avec les luttes à l’échelle mondiale en capitalisant sur les expériences internationales particulièrement sur la question des guerres et de la militarisation, sur la question du genre et sur les alternatives mondiales pour une économie solidaire et un commerce équitable…
5. Consolider les structures de suivi pour la pérennisation des actions
VIII. Les participants au FSMaghreb
Les mouvements sociaux maghrébins
Conformément à la Charte de Porto Alegre, le Forum Social est un espace ouvert à toutes les dynamiques sociales qui adhèrent à la Charte de Porto Alegre, à l’exclusion des partis politiques et des groupes armés quels que soient leurs référentiels idéologiques.
Les débats sur la participation du Polisario au sein du FSMaghreb a été tranchée à l’unanimité, à savoir que le Polisario est un groupe armé et un parti politique et de ce fait il n’a pas sa place au sein du Forum
Le FSMagh doit être un facteur de transformation des sociétés civiles mais, en aucun cas, il ne se substitue aux partis politiques, aux syndicats et aux associations. Il ne se pense que comme un espace élargi et libre de réflexion qui permet à tous de débattre des problématiques communes aux peuples maghrébins et un espace d’incubations de convergences et d’actions communes
Ce forum social Maghrébin doit permettre la convergence des mouvements sociaux, associations, syndicats, mouvements pacifistes pour contribuer, par la confrontation et le débat démocratique, à construire des alternatives face à la logique d’exclusion et aux choix sécuritaires des gouvernants et de formuler des propositions concrètes articulées à des actions efficaces pour que les droits fondamentaux des populations, dans leur diversité, l’emportent sur les intérêts sécuritaires, financiers et commerciaux
Les acquis de l’assemblée préparatoire de Bouznika doivent être mis en relief pour être diffusés le plus largement possible ;
La participation des islamistes, bien qu’il n’y a pas eu de consensus sur leurs participations, obéit aux mêmes critères, sachant que nous ne demandons pas la religion des participants et que l’adhésion à la charte de Porto Alegre et aux principes de fonctionnement sont seuls décisifs.
Il va de soi qu’aujourd’hui le Maghreb est devenu une passerelle vers l’illusoire et prétendu eldorado européen. Conscients que les accords d’association et de libre échange établis avec les pays du Maghreb ont été conditionnés à la participation de ceux-ci à la politique « d’externalisation » du contrôle des flux migratoires et conscients des risque de voir augmenter l’afflux de migrants sub-sahariens qui resteront longtemps en transit au Maghreb avec pour conséquences un développement de l’intolérance et de la xénophobie, lles participants à ’Assemblée de Bouznika ont mis l’accent non seulement sur la nécessaire participation des migrants à la construction d’un Maghreb des peuples, mais aussi sur la nécessité de la défense des droits des migrants dans les pays d’accueil par :
• la défense et la consolidation des acquis et la lutte contre le racisme
• L’accès aux droits des catégories les plus défavorisées et la consolidation de la pleine citoyenneté
• La protection des migrants et les populations déplacées pour raisons économiques ou pour causes de violences, de guerres ou de brimades pour qu’ils bénéficient dans les pays de transit et d’accueil de tous les droits humains fondamentaux ainsi que d’une sécurité juridique et sanitaire.
Un Maghreb à dimension internationale
L’approche du FSMaroc est un exemple à suivre dans l’élargissement aux dynamiques régionales et internationales : Maghreb, Moyen-Orient, Méditerranée et internationales. Il s’agit pour le FSMaghreb de réussir trois défis :
1. Articuler le local aux dynamiques internationales. Le FSMaghreb doit s’inscrire dans la dynamique engagée par Porto Alegre pour la mise en place d’un mouvement international de résistances à la mondialisation capitaliste
2. L’articulation Sud/Sud : s’ouvrir et intégrer les dynamiques de la corne des conflits (Palestine, Irak…)
Le Maghreb est partie intégrante de l’Afrique : il s’agit de renouer les liens rompus par la colonisation et les despotes locaux pour inscrire le Maghreb dans les grands défis de l’Afrique : la lutte pour al dignité, pour le partage équitable des richesses, pour la lutte contre la famine, les guerres fratricides, les montées des idéologies identitaires, pour l’accès aux soins et services de bases…
Pour ce faire la présence symboliques de quelques personnes ressources et mouvements sociaux du Moyen Orient, de l’Afrique, de l’Asie, des Amériques donnera une dimension internationale au projet et enrichira la démarche tout en créant les solidarités internationales.
Relation avec les pouvoirs
Concernant les relations avec les pouvoirs, le Forum Social doit impérativement garder son indépendance et ceci, quel que soit le régime en place là où le Forum se tiendra. Cependant, vu les conditions politiques et le déficit démocratique qui caractérise les régimes du Maghreb, il sera difficile voire impossible d’organiser une telle activité s’il n’y a pas une acceptation, ne fût-ce que passive, du Forum par le pouvoir. La tenue correcte du Forum nécessite une logistique relativement lourde. Sans un minimum de gage de non-intervention du pouvoir, nous serions toujours dans le doute : l’Etat peut, au dernier moment, refuser les visas à certains militants ou groupes nationaux, refuser la mise à disposition d’infrastructures primordiales à la tenue des rencontres… Il ne faut pas négliger les effets négatifs, de découragement et de démobilisation, que pourraient avoir de tels agissements sur l’ensemble des acteurs/militants.
IX. Etat des lieux des dynamiques locales
L’articulation entre le local et le régional n’a pas été facile ni évidente. Plusieurs rencontres ont eu lieu, soit dans un cadre local (les réunions de l’immigration de Bruxelles, de Marseille et de Paris, la réunion préparatoire du Forum Social Tunisien, les contacts informels de Madrid, de Rabat de Marrakech, de Rome et de Nairobi) soit au niveau du comité de suivi (la rencontre du comité de pilotage des 26-27 mars 2006 à Tunis). Chacune de ces occasions a été utile pour faire avancer les dynamiques locales et le projet du Forum Social Maghrébin.
Il est apparu de plus en plus clairement que le FSMagh ne peut être une simple addition des dynamiques locales. Nous devons développer une identité maghrébine, donc transnationale, qui puissent porter ce projet tout en renforçant les dynamiques locales : FSMaroc, FSTuinis , FSAlgérie , FSAlgérie Libre, comité mauritanien autour de la CGTM et du Cyber Forum (qui regroupe plus de 400 structures).
Toutefois il est à constaté que ces structures s’essoufflent, se posent la question sur les fondements et les objectifs des forums sociaux, sont à la recherche de nouvelles pistes qui puissent donner aux forums des objectifs concrets aboutissant à une réelle dynamique de résistance et de changement
1. Tunisie
Un des problèmes de la dynamique tunisienne est le manque d’espace où les associations peuvent se retrouver. Grâce à l’UGTT, qui a mis à disposition ses locaux, la rencontre préliminaire de constitution du Forum Social Tunisien (FST) a pu se tenir en mai 2006. A la surprise générale, ce fut une grande réussite : on y dénombrait plus de 1000 participants, donnant un nouveau souffle pour la constitution du FST.
On compte en Tunisie plus de 8 000 associations mais rares sont celles qui sont autonomes et réellement opérationnelles. Ces dernières subissent toute sorte de vexations et de contraintes pour les empêcher de travailler. L’Etat, pour casser toutes les activités alternatives, joue sur le blocage des financements, sur la lenteur dans la reconnaissance légale et dans la délivrance des visas de fonctionnement. Cependant, vue la réussite de la rencontre préliminaire, les camarades tunisiens ont le grand espoir de pouvoir organiser le FST autour de mai 2007. La restriction des espaces de libertés, la répression des défenseurs des droits de l’homme, les hésitations de l’UGTT font qu’aujourd’hui le FSTunisien n’a pas été organisé sans pour autant diminuer l’implication essentiellement de la LTDH , de l’ATFD et de l’USTMA dans l’élaboration et l’organisation du FSMaghreb
2. Maroc
Les efforts fournis pour la réussite du l’Assemblée de Bouznika, ont ralenti l’implication sur la dynamique du FSMaroc. Après la rencontre préparatoire, la dynamique sociale au Maroc pour le FSMagh s’est (consciemment ou inconsciemment) ralentie, ceci dans une volonté de ne pas s’approprier le FSMagh. Cela n’implique pas que le mouvement social marocain est en panne ; au contraire, il a depuis lors ouvert un grand nombre de chantiers :
Le mouvement des femmes qui mène des batailles sur le statut de la famille, sur le code de la nationalité, sur l’intégration de l’approche genre dans les politiques publiques, sur la participation politique des femmes, a rejoint par une forte mobilisation, la Marche Mondiale des Femmes.
Par ailleurs, ont été menées d’importantes actions sur la migration, le Forum de l’Eau, de l’Environnement et des multiples forums des Jeunes ainsi que l’action de masse actuelle contre la « chèreté » de la vie et pour la liberté d’expression
3. Algérie
Les clivages internes algériens qui perdurent continuent à peser négativement sur la construction du FSMagh et freinent une large participation des mouvements sociaux algériens à la dynamique du FSMagh. La mise en place de deux forums (FSA et FSAL) ont eu un impact négatif sur la mobilisation des mouvements sociaux et leur implication dans la construction du FSMaghreb. Toutefois il est à noter que le FSA a continuer à s’impliquer fortement sur les préparatifs du FSMaghreb
4. Dynamiques sahraouies
La participation des organisations sahraouies au mouvement social a été un des faits marquants de la rencontre de Bouznika. Elles invitent, en collaboration avec les acteurs sociaux du Maghreb, à faire pression sur les gouvernements pour une solution pacifique du problème sahraoui. Leur présence à toutes les réunions et leur implication dans l’élaboration et la réalisation du projet en fait un atout majeur dans l’espoir de construire un autre Maghreb
5. Mauritanie
Le mouvement social mauritanien est l’alternative au système libéral en Mauritanie. Au demeurant, une confusion semble caractériser certaines associations qui ne font pas la différence. Il existe donc des clarifications à opérer au niveau de certaines structures.
Ce mouvement social est encore à l’état embryonnaire, il est éparpillé et reste à réaliser.
En effet, des Mauritaniens ont assisté à des manifestations du mouvement mondial, notamment au Forum Mondial de l’Emigration de Madrid, de même qu’au FSM de Bamako et de Nairobi. Plus de 45 organisations et syndicats ont participé à la rencontre de Bouznika et cela les a considérablement motivés. Des assises de la société civile ont été tenues. Le Cyberforum, les centrales syndicales essaient de répercuter les décisions prises lors de ces rencontres. Et, avec les autres acteurs de la société civile mauritanienne, elles ont également contribué à une large prise de conscience des ONG.
Mais la conjoncture politique mouvementée du pays (la transition et le processus électoral en cours) et quelques problèmes de leadership ont ralenti les efforts de consolidation du mouvement et empêché le respect de l’agenda établi : il s’avère nécessaire de ces faits d’entreprendre des concertations et un élargissement de ces concertations aux dynamiques régionales pour faire avancer la tenue du FSMagh.
La période de transition politique actuelle semble malgré tout assez favorable à l’épanouissement du mouvement. Néanmoins, il demeure nécessaire de disposer d’un meilleur plan médiatique pour une plus grande diffusion du contenu des forums passés et une plus grande mobilisation.
Enfin, il est important de créer un espace de débat assez large en Mauritanie, charnière entre l’Afrique du Nord et L’Afrique sub-Saharienne. Il s’agit non seulement de mettre en place un FSMagh mais également de renforcer les liens pan-africains.
6. Le mouvement au sein de l’immigration
La situation au sein de la diaspora est particulière : du fait même du caractère pluriel (transnational) de cette immigration, l’identité maghrébine y prédomine sur l’identité nationale dans le cadre des actions pour l’élaboration du FSMagh. Le Maghreb serait à cette image si les barrières nationales n’étaient pas aussi rigides.
Le mouvement qui se développe en Europe occidentale a un écho en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Hollande, etc. Cependant, il n’est vraiment actif qu’en France et en Belgique. Il est très important en France où convergent un bon nombre d’ONG françaises (environ 60), et à Bruxelles.
En Belgique, l’appel lancé pour le FSMagh a eu un écho très favorable, ce qui explique la participation très motivée de la délégation de Belgique à l’assemblée préparatoire de Bouznika. Cette rencontre a joué un rôle important dans la mobilisation en Belgique et elle a permis de rendre l’idée du Maghreb plus concrète.
X. FSMagh et approche genre
La réunion de Tunis a été claire sur ce point : il s’agit d’assurer la présence des femmes aux différents groupes de travail et de responsabilité. Le principe étant là plusieurs démarches sont faites pour assurer cette participation à tous les échelons. Le défi reste toutefois sujet à la volonté des associations féminines de s’impliquer dans la mouvance.
Par ailleurs, la question de l’égalité reste au centre des intérêts du FSMaghreb. L’Assemblée de Bouznika, qui a vu une forte participation des femmes, a débattu les différentes problématiques :
- La question de la violence : Les violences ont été stigmatisées principalement en violences institutionnelles, (notamment au niveau de certaines législations de la famille, par exemple, le code de la famille en Algérie est considéré par les algériennes, comme une insulte, le code de la honte !), en violences intégristes, où l’agression des femmes par les intégristes est justifiés par ces derniers, par les « arguments » les plus obscurantismes, allant jusqu’à faire porter aux femmes la responsabilité des séismes car elles seraient selon eux « la cause qui provoque la colère divine ». D’autres formes de violences, viol, harcèlement sexuel, violence physiques etc. ont souvent lieu même lorsque les lois sont assez avancées et dans des milieux non intégristes.
- La dimension culturelle et la question de la culture alternative qui vise le changement de l’image de la femme mineure et de développer l’image de la femme citoyenne à part entière à travers tous les supports culturels, médias, chanson, cinéma etc. La diversité culturelle dans la région à travers notamment la production artistique et artisanale est un enrichissement de cette identité et de cette image féminine.
- La question des droits des femmes dans la famille. Il y a lieu de travailler sur les codes ou les législations de la famille. De grandes différences existent entre les législations des pays du Maghreb ainsi qu’entre les situations des femmes dans la famille d’un pays à l’autre ou dans le même pays( certaine proposition évoque la question du double statut et du choix entre le statut civil et laïc et le statut islamique dans la famille dans le même pays…). Les analyses croisées et les échanges d’expérience s’imposent et ne peuvent qu’être fructueux. La question posée est comment doivent évoluer les législations pour faire valoir les droits des femmes et l’égalité des chances dans cette complexité de la réalité? Comment exploiter des brèches ouvertes dans la région ? La recommandation de capitaliser les travaux déjà réalisés des réseaux de femmes dans la région trouve ici tout son sens .
- La question des droits économiques et sociaux des femmes était développée dans la problématique de l’aggravation de la précarisation des femmes , du chômage féminin et de la féminisation de la pauvreté, en lien avec les effets de la mondialisation. Néanmoins, l’approche de ce problème doit par ailleurs, faire la lumière sur les différentes opportunités que le développement des nouvelles technologies pourraient fournir.
- La question de l’alphabétisation juridique et de l’alphabétisation tout court est considérée comme cruciale. L’ignorance des femmes de leur droit et l’analphabétisme féminin sont des portes ouvertes à tous les abus, toutes les violations des droits des femmes et aux violences à leur encontre.
- La question de l’égalité des chances. Elle se pose à tous les niveaux, Elle a été spécifiée comme axe thématique. Néanmoins, la formulation de la question s’est limitée à l’énoncé du principe égalitaire. Il y a lieu d’approfondir la réflexion sur ce qu’on entend par égalité des chances qui représente plus la problématique commune à toutes les thématique et un positionnement, q’une thématique en soi.
- La question de la faible représentation des femmes dans la vie publique et dans les instances de décision au niveau gouvernementale et dans les mécanismes non gouvernementaux (partis politiques, syndicats et ONG…)
- La question de la laïcité , les femmes et la religion
- La question des intérêts des Américains et des Européens dans le Maghreb en rapport avec la condition des femmes
Les débats sur les stratégies ont permis d’identifier quelques actions à développer pour la marche vers l’égalité
- Tenir une Assemblée des femmes du Maghreb, à la veille de chaque FSMagh
- Ouvrir un forum de discussion sur ces thématiques sur un site web actif travailler pour la concrétisation d’un observatoire des droits des femmes au Maghreb
- Préparer une déclaration pour l’assemblée des femmes qui comportera la revendication de la levée des réserves émis par les Etats Maghrébins sur la CEDAW
XI. Agenda et programme du FSMagh
1. Le lieu de la tenue du premier Forum Social Maghrébin (FSMagh)
La réunion de Tunis en Juin 2007 a décidé du lieu, de la date de la duré »e et des grandes lignes du programme .
Nouakchott a été retenue conformément aux objectifs fixés de contribuer à dynamiser le mouvement social en Mauritanie.
La Mauritanie malgrè la fragilité du système politique, de l’éclatement du mouvement social, des infrastructures limitées, répond aux défis de consolidation de la transition dans le pays, à la consolidation du mouvement social et à l’appui à l’économie solidaire.
2. La date : la date retenue est fin janvier (le 25 – 26 et 27 Janvier 2008) pour inscrire cette manifestation dans la mobilisation et l’agenda international du Forum Social Mondial
3. Les effectifs :
Plusieurs hypothèses furent avancées et débattues, sur la base de critères et de principes tout aussi valables les uns que les autres, entre autres :
• Tenir compte des quotas arrêtés pour Bouznika.
• Pas d’exclusion ni d’exclusives.
• Arrêter des effectifs qui rendent le Fsmagh gérable et évite le gigantisme du FSM.
• Tenter une nouvelle démarche auprès des frères libyens.
La fourchette retenue se situe entre 600 et 800 participants.
Les mauritaniens comptent dans ces chiffres 400 étrangers.
C’est ce qui permettra une approche plus précise des évaluations budgétaires.
4. L’organisation
Il a été décidé à l’issue de la réunion de Tunis en Juin 2007
• La reconduction du « Groupe des 4 » - constitué à Nouakchott (Khatou Baham, Mamadou Niang, Lahbib Kamal, Driss Khorchi) pour suivre les modalités pratiques de la tenue du FSMaghreb
• Travailler à la mise en place d’un secrétariat mauritanien
• Clarifier les modalités de gestion des fonds et du site
• Définir les commissions et ouvrir l’adhésion : Méthodologie et thématique, Logistique et Finances, Communication et mobilisation,
• Reporter les discussions relatives au Conseil du FSMAG et au Secrétariat Permanent à une étape ultérieure.
Toujours est-il, à ce sujet, que plusieurs participants mirent l’accent sur le fait qu’en empruntant la voie d’une trop forte structuration, l’on risquait une dérive techno-bureaucratique, susceptible de porter préjudice à l’ensemble du processus.
L’essentiel n’était pas d’aboutir à la mise en place d’un « parti d’altermondialistes », au sein duquel les enjeux de pouvoir, détourneraient immanquablement le mouvement de l’atteinte des objectifs inspirés par la Charte des Principes de Porto Alegre.
Sur cette base, les décisions suivantes furent prises :
Le Groupe de suivi,
composé des quatre membres désignés à Nouakchott n’exerce aucune tutelle sur les autres structures. Il est chargé du suivi de la préparation du Fsmagh, de la recherche de bailleurs de fonds et de la centralisation du budget dit de participation.
Le Secrétariat du Fsmagh,
Les Mauritaniens sont chargés de sa mise en place en tenant compte du principe de « non exclusion et non exclusives » et, sur cette base, de s’assurer la contribution du plus grand nombre de mouvements représentatifs de la société civile mauritanienne.
Le Conseil du Forum Social Maghrébin dont la création avait été préconisée à Nouakchott devra être constitué ultérieurement en tenant compte des expériences internationales et particulièrement de l’expérience brésilienne
Les Commissions
Cette question fut revisitée sur la base des décisions prises à Tunis, le 18 mars 2006, avec quelques aménagements relatifs à leur mise en œuvre.
• La Commission Méthodologie et thématique
• La Commission Logistique et Finances
• La Commission Communication et Mobilisation
• La Commission du Camp de la Jeunesse Maghrébine
5. Méthodologie
Batir sur les acquis de Bouznika
Il a été admis que le socle de la CMT était constitué par les acquis de Bouznika qu’il faudrait s’attacher à vulgariser au sein de la société civile maghrébine.
Les ateliers autogérés
Il a été retenu d’encourager, associations ou syndicats, en mesure de proposer des activités sous forme d’ateliers autogérés.
Priorité aux luttes concrètes
Le choix de la thématique mettra l’accent sur les luttes menées par citoyennes et citoyens du Maghreb des peuples, au sein d’associations et de syndicats, pour la défense de leurs droits et encourager les synergies pour la programmation de luttes communes
6. Thématique
Comme pour la méthodologie, il a été retenu d’approfondir les axes de Bouznika avec une perspective d’élaboration de programmes communs entre les participants pour concrétiser les conclusions, appels et recommandations
Ci après déclinés quelques thèmes retenus :
- Démocratie, citoyenneté et droits humains au Maghreb ;
- Conflits, militarisme et mondialisation au Maghreb ;
- Droits économiques, sociaux face à la mondialisation néo-libérale et à la privatisation ;
- Migrations et citoyenneté ;
- Diversité et droits culturels ;
- Femmes maghrébines et luttes pour l’égalité et contre les violences ;
- Défis économiques du Maghreb et accords de libre échange ;
- Protection de l’environnement et des richesses naturelles face aux prédateurs ;
- Mouvements sociaux maghrébins et construction du Maghreb et de la démocratie ;
- Mouvements sociaux et solidarités internationales face à l’offensive impérialiste ;
7. Financement
• Principes
Le financement ou aide de l’Etat est admis compte tenu de la charge financière globale de l’événement et de la relative importance de l’intervention des bailleurs de fonds et des participants sans que ce financement interfère dans les choix stratégiques de la dynamique. Comment évoluer vers l’autonomie financière ?
Dans cette perspective, il sera demandé une contribution aux participants, fut-elle symbolique compte tenu de la pauvreté des populations du Sud. L’expérience de Mombey serait d’un éclairage important vue la similitude des situations
• La structure du budget
Il fut retenu la double structure suivante :
- Un budget pour l’organisation : Il sera versé à la partie mauritanienne (Comité mauritanien d’Organisation) et géré par elle. Dans ce cadre, le CCFD a prévu de verser: 30.000 euros.
- Un budget pour la participation : Destiné à financer la participation au Fsmagh. Les démarches en vue de la recherche de bailleurs de fonds sont effectuées par chaque pays pour contribuer aux mobilisations locales.
• Les partenaires
Les membres du Comité de Suivi ont tenté de faire le point des éventuels partenaires :
• CCFD
• Fondation Frederich Ebert sur les trois pays
• Fondation pour le Progrès de l’Homme (FPH)
• Oxfam Novib
XII. La communication
Communication Interne
Un site (www.fsmaghreb.org) a été lancé depuis le démarrage du projet Il a permis l’accès aux informations, aux publications des comptes rendus de réunions du comité de suivi et des réunions préparatoires au sein des différentes dynamiques .Cela a permis de palier aux difficulté de communiquer entre les différentes dynamiques, du fait souvent de la distance voir même l'impossibilité de communiquer avec l'extérieur depuis certains pays (la Tunisie reste un lieu fragile et difficile d’accès).
Le site a été aussi conçu pour l’ouverture de débats comme une démarche permettant de « libérer » la parole et l'information, de permettre à ceux qui n'ont pas souvent l'occasion de s'exprimer, de le faire.
La stratégie de communication doit tenir compte de la réalité (précarité, absence de moyens) des populations, de l'impossibilité d'accès à Internet. Et surtout des traditions orales d'où la nécessité de développer les contacts directs et les réunions. Notre communication interne doit également tenir compte de notre diversité linguistique.
Dans cette optique, il est recommandé de :
1- Ne pas négliger l'écrit même si nous sommes dans une culture de l’oralité
2- Organiser des sessions de formation pour les militants concernant l'utilisation des outils Internet (sites, blogs, newsletter etc.)
Communication Externe
Il s’agit de travailler à intégrer les travailleurs de la presse dans notre dynamique en tant qu’acteurs et réfléchir à mettre en place avec les journalistes et les travailleurs de la presse un réseau Maghrébin en vue de créer une dynamique au sein du Forum social Maghrébin. Nous devons également soutenir leurs batailles pour le respect de leurs statuts, leur liberté d'informer et surtout la libération de ceux qui sont incarcérés. De même que dans ce domaine et face à la déferlante parabolique, il est important de mettre en place un groupe de travail qui réfléchit sur les possibilités de communications télévisuelles voir même la mise en place d'une radio alternative Maghrébine émettant dans les trois langues utilisées dans le maghreb. Réfléchir sur les autres supports de communications (affichettes, badges, autocollants etc).
Il est prévu de :
1- Développer des sous sites à partir de www.fsmagh.org au service des dynamiques nationales et thématiques (jeunes, femmes, culture, environnement etc...)
2- Valoriser à travers notre communication externe les luttes sociales en particulier les luttes locales.
3- Travailler à un projet d'une alter communication éducative en direction des couches populaires face à l'envahissement des médias capitalistes.
Mémoire
Mémoriser pour mieux restituer au service de la synergie des résistances aux politiques néolibérales au Maghreb
Une mémoire vivante permettant l'engagement du plus grand nombre au service de la construction de cette nouvelle citoyenneté maghrébine et mondiale.
Une mémoire permettant de contribuer à écrire ce nouveau livre de l'histoire d'une nouvelle pratique politique, fondée sur le rassemblement de toutes celles et tous ceux qui refusent le diktat de la finance au détriment des besoins humains au Maghreb et dans le monde.
C’est dans cet esprit que les travaux de Bouznika ont été publié, grâce à l’appui de la FPH en 5000 exemplaires qui sont distribués dans les Forums sociaux.
Le FSMaghreb songe à :
1- Créer une banque de données et d'échanges (écrits, photos, films etc..) et oeuvrer à la collecte d'une façon collective
2- Utiliser les supports modernes en termes de restitution (Cd, DVD, projections etc.
3- Publier et filmer systématiquement les travaux des assemblées, des foras sociaux nationaux, des rencontres thématiques etc.
4- Constituer un fond de soutien financier et faire les investigations pour d'éventuels financements auprès d'autres partenaires altermondialistes afin de préserver et restituer cette mémoire.
5- Contribuer à une large diffusion de ces supports et leur usage collectif
6- Il est évident que nous sommes tous conscient de la difficulté de cette tache et que les moyens à mettre en ouvre dépendent de l'engagement de tous et sont en fonction des possibilités financières.
XIII. Au delà du FSMaghreb : quel suivi ?
Le suivi sera assuré par le Conseil Maghrébin qui constituera un embryon d’une assemblée des Peuples du Maghreb.
La tâche fondamentale sera de maintenir les réseaux en constant éveil pour la mobilisation autour d’actions à même de contribuer à rapprocher l’échéance de l’unité maghrébine
Des actions de plaidoyer devraient être engagées conjointement face non seulement aux gouvernants mais aussi face aux forces internationales qui veulent faire de cette région une base arrière de leur projet du Grand Moyen Orient
Les solidarités et l’enracinement en Afrique vont constituer un axe important d’une solidarité active avec les pays de l’Afrique subsaharienne
Un projet comme le Portail Maghreb Machrek sera d’un grand apport pour renforcer non seulement les solidarités mais aussi pour visibiliser les luttes et approfondir la réflexion et l’émergence d’alternatives aux politiques néo-libérales, aux diktats de la finance internationale et aux despotismes locaux.
Il s’agit de construire un projet dans la durée autour de stratégies concertées où les forums sont un moment et un espace de convergence physique des acteurs
Il s’agit immédiatement après la tenue du FSMaghreb, de consolider les réseaux créés à l’occasion de la tenue du forum, mais il s’agit surtout d’ancrer dans la proximité les revendications issues des dynamiques régionales pour atteindre une mobilisation large des couches défavorisées
XIV. FSMaghreb et économie solidaire
Pour renforcer la nature participative des forums sociaux, nous comptons mettre l'accent sur la participation de l’habitant : les frais de séjour, principalement d'hébergement et repas non seulement peuvent réduits, mais parce qu'un forum social est aussi une opportunité pour l'économie de la ville d'accueil. De même, la participation de l'économie et de l'écologie locales est très importante dans notre approche. Les coopératives et les collectifs qui fabriquent le "sac du forum", les affiches, les repas et surtout la distribution de l'eau potable jouent un rôle clé. De même, l'organisation de la collecte d'ordures et de déchets est particulièrement importante pour que le forum soit une oeuvre écologique prise en charge par les participants, les organisateurs et les habitants de la ville d'accueil.
XV. Risques
Nous sommes là en face d’un projet à risques :
• L’arbitraire des gouvernants
• La fragilité des mouvements sociaux où la lutte est encore acerbe sur le positionnement, l’hégémonie …liés aux cultures héritées du déficit démocratique de nos sociétés, du peu d’assimilation de l’esprit des forums sociaux qui ne sont pas des espaces de lutte pour le pouvoir
• la fragilité financière qui limite nos ambitions et qui parfois menace la réalisation et la pérennité du projet
Il va de soi que face à ces risques des mesures de précaution sont prises
• Assurer un lieu de repli pour la tenue du FSMaghreb en cas de revirement d’un Etat
• Reposer sur un noyau ayant suffisamment contribué à la dynamique des forums sociaux, capables d’admettre la diversité, concevant l’espace des forums comme des espaces d’incubation des luttes sociales
• Diversifier les sources de financement