Bouznika1
Les mouvements sociaux du Maghreb se rencontrent à Bouznika pour préparer la première édition du Forum social maghrébin Rabat – Secrétariat de préparation du Forum social maghrébin Plus de 300 représentants des mouvements sociaux du Maghreb et leurs invités ont rendez-vous à Bouznika, du 27 au 29 janvier 2006, dans le cadre de l’Assemblée préparatoire au premier Forum social maghrébin. Après 3 jours de travail en commissions, l’Assemblée préparatoire sera clôturée par une conférence de presse dans des «Pateras de la dignité», le dimanche 29 janvier, à 15h30, au Café Maure des Oudaias, à Rabat.
Les participants - représentants des mouvements sociaux du Maghreb, des associations issues de l’immigration maghrébine en Europe et de nombreux invités internationaux - ont pour objectifs d’affirmer la nécessité de construire un «Maghreb des peuples» et d’esquisser les voies et les moyens de sa réalisation. L’Assemblée préparatoire de Bouznika permettra ainsi de déterminer les thématiques de même que de déterminer les modalités de préparation du premier Forum social maghrébin. L’échec des États de la région à réaliser l’unité du Maghreb et à résoudre les conflits régionaux nous place devant l’urgence de rechercher des alternatives afin de créer un espace maghrébin de paix, de prospérité et de démocratie. Depuis le premier appel pour la constitution d’un Forum social maghrébin, lancé en 2004 à l’occasion de la 2e édition du Forum Social Maroc, un comité provisoire de suivi et de promotion travaille ardemment à la réalisation de ce projet unique. Ainsi, l’Assemblée préparatoire de Bouznika s’inscrit comme une étape charnière vers la construction du Forum social maghrébin… car un autre Maghreb est possible !
La conférence de presse «Patéras de la dignité» 29 janvier 2006 à partir de 15H30 Monument historique les OUDAYAS – Rabat Les représentants des médias locaux, nationaux et internationaux sont cordialement invités à assister à la conférence de presse «Pateras de la dignité » afin de partager avec les mouvements sociaux maghrébins la possibilité d’un autre Maghreb : un Maghreb de prospérité, de solidarité et de démocratie. Horaire 15h30 Accueil par les membres du Secrétariat de préparation du Forum social maghrébin 16h00 Voyage à bord des «Pateras de la dignité » 16h30 Présentation sur les conclusions de l’Assemblée préparatoire FSMagh « De Porto Alegre à Bouznika » 17h00 Débats et questions 18h30 Fin de la conférence de presse Plan du site de l’Assemblée préparatoire au Forum social maghrébin de Bouznika Appel de Rabat pour la constitution d’un Forum social Maghrébin Nous, citoyens de Tunisie, du Maroc et acteurs de l’immigration, participants à l’atelier sur les « mouvements sociaux maghrébins », lors de la deuxième session du Forum social Maroc les 27, 28 et 29 juillet 2004, considérons que la mondialisation néo-libérale constitue un danger imminent qui menace les peuples de la région et tous les peuples de la planète, de plus de précarité, d’exclusions sociale et culturelle et de chômage. La hausse du coût de la vie devient vertigineuse, elle touche en premier les régimes de soin et de santé, l’éducation et plus généralement tous les services publics, lesquels services ont vu leurs prestations se détériorer ; le marché de l’emploi connaît une véritable érosion touchant même les diplômés de l’enseignement supérieur. Les gouvernements se plient au diktat du capital mondial et refusent de remplir les revendications de leurs peuples à une vie digne dans un grand Maghreb uni et offrant à ses citoyens et citoyennes une justice sociale et une égalité devant la loi ; un Maghreb de droits pour toutes et pour tous. La mondialisation néo-libérale a eu des conséquences désastreuses sur nos sociétés notamment sur les couches les plus pauvres. Elle menace de détruire notre environnement naturel, nos droits au présent et ceux des générations futures. Elle a aggravé les problèmes d’endettement de nos pays et a systématiquement détruit le tissu économique. Elle nous a obligés, par la force, à adopter un système qui « marchandise » tous les aspects de notre vie et les soumet à la logique du profit effréné. Cette mondialisation capitaliste renforce la répression des femmes et de tous les travailleuses et travailleurs ; elle facilite la circulation des drogues et des maladies mortelles et pousse des milliers d’exclus et de précaires vers le désespoir. Dans nos pays, « les barques de la mort » avec leur lot quotidien de cadavres des candidats à l’immigration clandestine sur les rives de la Méditerranée, sont un témoignage poignant et révoltant sur l’étendue du désespoir qui s’empare de nos jeunes ; un désespoir tel, que la vie et la mort se valent pour eux. Convaincus que la vie est un droit et que nous sommes prêts à tout pour la défendre et enraciner son amour au plus profond de nos jeunes, au cœur des femmes et des peuples, nous nous engageons et appelons à s’engager dans une mondialisation des résistances : syndicats, associations, organisations non gouvernementales, intellectuels, jeunes, acteurs divers...à l’image de tous les mouvements sociaux de par le monde, mobilisés sur la base des principes du Forum social mondial, pour une mondialisation alternative qui sauverait la nature et libérerait les femmes et les hommes de l’appétence fiévreuse du capital. Partant des acquis du Forum social marocain lors de ses deux précédentes sessions pour « Un autre Maroc », poursuivant les efforts enregistrés en Tunisie -et ce malgré la fermeture de l’espace public et l’asphyxie des libertés- pour installer une commission nationale du Forum social tunisien, et après avoir accumulé une somme considérable de luttes de tous les mouvements sociaux, syndicaux, juridiques et civiques qui ont ouvert des perspectives importantes ; croyant fermement qu’un Forum social maghrébin à côté des forums sociaux locaux, est devenu une nécessité urgente, nous soutenons haut et fort qu’ « Un autre Maghreb est possible ». Nous, participants à l’atelier sur les mouvements sociaux maghrébins : • Valorisons les acquis du Forum social Maroc et appelons à le développer, le radicaliser, l’enraciner dans toutes les sphères de la société et exprimons notre soutien à la dynamique tunisienne en vue de créer son forum social local • Appelons et recommandons la poursuite des débats et l’extension des liens et des contacts entre toutes les acteurs des pays maghrébins et les acteurs de l’immigration d’œuvrer ensemble pour un Forum social maghrébin qui faciliterait le renforcement de mouvements sociaux émergents dans nos pays respectifs, renforcerait la solidarité et consoliderait la conviction dans notre destin commun L’engagement dans cette voie serait la meilleure réponse à la guerre atroce que nous oppose la capitalisme barbare par diverses armes avec la complicité des gouvernements « Hors la loi » complètement détournés des intérêts de leurs peuples. Le Forum social maghrébin dont nous nous revendiquons, nous l’espérons un espace d’élaboration d’alternatives auxquelles aspirent les peuples de la région. Un espace de redynamisation de la résistance qui renforcerait la lutte commune, participerait à apporter des solutions aux conflits et à bâtir le Grand Maghreb dans le respect au droit à la différence. Rabat, 28 juillet 2004 Charte des principes du Forum Social Mondial de Porto Alegre Le Forum social maghrébin (FSMagh) s’inscrira dans la lignée des Forums sociaux régionaux, adhérant aux principes du Forum Social Mondial, dont voici les grandes lignes : Le comité des instances brésiliennes qui a conçu et organisé le premier Forum Social Mondial, qui s’est tenu à Porto Alegre du 25 au 30 janvier 2001, après avoir évalué les résultats de ce Forum et les attentes qu’il a suscitées, a jugé nécessaire et légitime d’instaurer une Charte des Principes visant à orienter la poursuite de cette initiative. Les Principes contenus dans la Charte, qui devra être respectée par tous ceux qui souhaitent participer à ce processus et organiser de nouvelles éditions du Forum Social Mondial, consolident les décisions qui ont présidé à la réalisation du Forum de Porto Alegre et fait son succès, et amplifient sa portée, en fixant les orientations qui découlent de la logique de ces décisions. 1. Le Forum Social Mondial est un espace de rencontre ouvert visant à approfondir la réflexion, le débat d’idées démocratique, la formulation de propositions, l’échange en toute liberté d’expériences, et l’articulation en vue d’actions efficaces, d’instances et de mouvements de la société civile qui s’opposent au néo-libéralisme et à la domination du monde par le capital et toute forme d’impérialisme, et qui s’emploient à bâtir une société planétaire axée sur l’être humain. 2. Le Forum Social Mondial de Porto Alegre a été une manifestation située dans le temps et l’espace. Désormais, avec la certitude proclamée à Porto Alegre qu’ "un autre monde est possible", il devient un processus permanent de recherche et d’élaboration d’alternatives, qui ne se réduit pas aux manifestations sur lesquelles il s’appuie. 3. Le Forum Social Mondial est un processus à caractère mondial. Toutes les rencontres qui feront partie de ce processus ont une dimension internationale. 4. Les alternatives proposées au Forum Social Mondial s’opposent à un processus de mondialisation capitaliste commandé par les multinationales et les gouvernements et institutions internationales au service de leurs intérêts. Elles visent à faire prévaloir, comme nouvelle étape de l’histoire du monde, une mondialisation solidaire qui respecte les droits universels de l’homme, ceux de tous les citoyens et citoyennes de toutes les nations, et l’environnement, étape soutenue par des systèmes et institutions internationaux démocratiques au service de la justice sociale, de l’égalité et de la souveraineté des peuples. 5. Le Forum Social Mondial ne réunit et n’articule que les instances et mouvements de la société civile de tous les pays du monde, mais il ne prétend pas être une instance représentative de la société civile mondiale. 6. Les rencontres du Forum Social Mondial n’ont pas un caractère délibératif en tant que Forum Social Mondial. Personne ne sera donc autorisé à exprimer au nom du Forum, dans quelque édition que ce soit, des prises de position prétendant être celles de tous les participants. Les participants ne doivent pas être appelés à prendre des décisions, par vote ou acclamation, en tant que rassemblement de ceux qui participent au Forum, sur des déclarations ou propositions d’action qui les engagent tous ou leur majorité et qui se voudraient être celles du Forum en tant que Forum. Il ne constitue donc pas d’instance de pouvoir que peuvent se disputer ceux qui participent à ces rencontres, ni ne prétend constituer l’unique alternative d’articulation et d’action des instances et mouvements qui en font partie. 7. Les instances - ou ensemble d’instances - qui prennent part aux rencontres du Forum doivent donc être assurés de pouvoir délibérer en toute liberté durant celles-ci sur des déclarations et des actions qu’elles ont décidé de mener, seules ou en coordination avec d’autres participants. Le Forum Social Mondial s’engage à diffuser largement ces décisions par les moyens étant à sa portée, sans imposer d’orientation, de hiérarchie, de censure et de restriction, mais en tant que délibérations des instances - ou ensemble d’instances - qui les auront assumées. 8. Le Forum Social Mondial est un espace pluriel et diversifié, non confessionnel, non gouvernemental et non partisan, qui articule de façon décentralisée, en réseau, des instances et mouvements engagés dans des actions concrètes, au niveau local ou international, visant à bâtir un autre monde. 9. Le Forum Social Mondial sera toujours un espace ouvert au pluralisme et à la diversité des engagements et actions d’instances et de mouvements qui décident d’y prendre part, comme à la pluralité des sexes, ethnies, cultures, générations et capacités physiques, dans la mesure où ils respectent la Charte des Principes. Ne pourront participer au Forum en tant que tels les représentations de partis, ni les organisations militaires. Pourront être invités à y participer, à titre personnel, les gouvernants et parlementaires qui assument les engagements de la présente Charte. 10. Le Forum Social Mondial s’oppose à toute vision totalitaire et réductrice de l’économie, du développement et de l’histoire, et à l’usage de la violence comme moyen de contrôle social par l’État. Il y oppose le respect des Droits de l’Homme, la véritable pratique démocratique, participative, par des relations égalitaires, solidaires et pacifiques entre les personnes, les races, les sexes et les peuples, condamnant toutes les formes de domination comme l’assujettissement d’un être humain par un autre. 11. Le Forum Social Mondial, en tant qu’espace de débats, est un mouvement d’idées qui stimule la réflexion, et la diffusion transparente des fruits de cette réflexion, sur les mécanismes et instruments de la domination du capital, sur les moyens et actions de résistance et la façon de dépasser cette domination, sur les alternatives proposées pour résoudre les problèmes d’exclusion et d’inégalité sociale que le processus de mondialisation capitaliste, avec ses composantes racistes, sexistes et destructrices de l’environnement est en train de créer, au niveau international et dans chacun des pays. 12. Le Forum Social Mondial, comme espace d’échange d’expériences, stimule la connaissance et la reconnaissance mutuelles des instances et mouvements qui y participent, en valorisant leurs échanges, en particulier ce que la société est en train de bâtir pour axer l’activité économique et l’action politique en vue d’une prise en compte des besoins de l’être humain et dans le respect de la nature, aujourd’hui et pour les futures générations. 13. Le Forum Social Mondial, en tant qu’espace d’articulation, cherche à fortifier et à créer de nouvelles articulations nationales et internationales entre les instances et mouvements de la société civile qui augmentent, tant dans la sphère de la vie publique que de la vie privée, la capacité de résistance sociale non violente au processus de déshumanisation que le monde est en train de vivre et à la violence utilisée par l’État, et renforcent les initiatives d’humanisation en cours, par l’action de ces mouvements et instances. 14. Le Forum Social Mondial est un processus qui stimule les instances et mouvements qui y participent à situer, à niveau local ou national, leurs actions, comme les questions de citoyenneté planétaire, en cherchant à prendre une part active dans les instances internationales, introduisant dans l’agenda mondial les pratiques transformatrices qu’ils expérimentent dans la construction d’un monde nouveau. Approuvée et signée a Sao Paulo, le 9 avril 2001, par les instances qui constituent le Comité d’Organisation du Forum Social Mondial, approuvée avec des modifications par le Conseil International du Forum Social Mondial le 10 juin 2001. Source : Site officiel du Forum Social Mondial Polycentrique de Bamako, Mali 2006 (www.fsmmali.org)